Vielsalm : six brebis tuées, le passage d’un loup suspecté

Avez-vous vu un loup à Vielsalm, à proximité de la Baraque de Fraiture ? Six brebis y ont été attaquées la semaine dernière. Certaines ont été dévorées, d’autres, à l’agonie, ont dû être euthanasiées. Pour la Bergerie de la Grande Fange, propriétaire du troupeau, c’est un coup dur. Au total, quatorz

Sur le téléphone de Stijn Van Dyck, le berger, les photos sont difficiles à regarder. « Vous voyez, ici, la carcasse est complètement mangée. Le gigot est parti, tout comme le cœur, le foie et les poumons. Pour lui, ce ne sont que les bons morceaux. »

Pour Stijn, c’est le choc : « On va les voir plusieurs fois par jour. Le jour avant, il n’y avait rien. Mais cette fois-là, le lendemain matin, il y avait trois brebis mortes et trois blessées ».

Au total, six bêtes retrouvées ensanglantées et mortes à l’aube dans leur pâturage. Car celles, toujours vivantes après l’attaque, ne survivront pas à leurs blessures : « Clairement, elles agonisaient », témoigne Delphine Tixhon, l’épouse de Stijn, également bergère. « On a appelé le vétérinaire qui a dû les euthanasier. »

Une analyse ADN en cours

Cette attaque, c’est la deuxième en deux mois que subissent Stijn et Delphine. Pour eux, ça ne fait aucun doute : un loup en est le responsable.

« Cela se voit directement : le loup attaque à la gorge, alors que le chien attaque les pattes arrière », détaille Delphine. Son époux observe, lui aussi, une nette différence entre les deux canidés : « Un chien qui entre dans un troupeau de moutons ne va pas les tuer. Il va les blesser et tirer sur leur peau. Si c’est un chien, bien souvent, on va trouver de la laine partout ». Avant de nuancer :

Un loup, c’est différent. C’est un tueur professionnel. Il va attraper le mouton par la gorge, la broyer et, s’il a le temps, il va consommer la bête.

Stijn Van Dyck, berger à Vielsalm

Le Département de la Nature et des Forêts (DNF) est venu relever les empreintes ADN grâce aux poils retrouvés sur les cadavres. « On n’a pas encore eu les résultats de cette deuxième attaque, mais il n’y a pas photo », déclare Delphine. D’autant que les données scientifiques avaient permis d’affirmer qu’un loup était responsable de l’attaque de février, où huit bêtes ont perdu la vie.

14 moutons tués en deux mois

Pour la bergerie, c’est un coup dur. Quatorze bêtes tuées entre février et avril. Et la peur de perdre le reste du troupeau, soit plus de 450 moutons et leurs agneaux.

Pourtant, le couple ne s’oppose pas au retour du loup dans nos contrées, à condition d’apprendre à cohabiter :

Pour moi, le loup a sa place ici, d’autant qu’il y a de grandes étendues [dans la région].

Delphine Tixhon, bergère à Vielsalm

Un avis que partage son mari. « Ce n’est pas une question d’être pour ou contre. Moi, j’aime bien le loup, mais les moutons, c’est mon gagne-pain. Je dois gagner ma vie avec ça. J’aime bien le loup mais je voudrais qu’il reste dans le bois et qu’il ne touche pas à mes moutons. »

Empêcher de nouvelles attaques

Pour protéger son bétail, le couple le sait : il va falloir redoubler d’efforts. Prendre un quatrième chien, emprunté à un confrère de Virton pour la saison estivale, installer des fils barbelés et rassembler certains troupeaux« On a beaucoup de parcelles donc si on doit compter un chien par parcelle, on ne s’en sortira jamais », craint la bergère.

Pour Stijn, c’est surtout beaucoup de travail supplémentaire :

On a déjà assez de stress comme ça. C’est difficile d’être agriculteur aujourd’hui, donc le loup en plus, cela devient vraiment compliqué.